LES DESEQUILIBRES DE LA CROISSANCE DANS LES PAYS DEVELOPPES


Plan :
  1. LES DESEQUILBRES FINANCIERS ET COMMERCIAUX
    1. La persistance des déficits et endettements publics.
    2. Les déséquilibres de la balance des opérations courantes.
  2. UN CHOMAGE ELEVE DANS LES PAYS EUROPEENS
    1. Modèle de croissance et chômage.
    2. Les spécificités du chômage.
  3. UNE AGGRAVATION DES INEGALITES SOCIALES
    1. L'accroissement de la pauvreté.
    2. La crise de l'Etat providence et de la protection sociale.

  1. LES DESEQUILBRES FINANCIERS ET COMMERCIAUX
    1. La persistance des déficits et endettements publics, malgré la croissance.
      • Aucours de la 1ère moitié des années 1990, les pays industrialisés atteignent un important endettement public après avoir accumulé plusieurs années de déficits publics.
      • 2 obstacles à la réduction de ces déficits :
        • une réduction des dépenses publiques en période de ralentisseement cyclique de croissance ne ferait qu'amplifier le mouvement recessionniste.
        • L'augmentation structurelle des dépenses sociales pour financer le chômage, la santé et la retraite.
    2. Les déséquilibres de la balance des opérations courantes.
      • Le Japon et l'Allemagne conjuguent croissance et excédents commerciaux (grâce à leur compétitivité et leur qualité).
      • Les E.U. et le R.U. connaissent un déficit élevé de leurs échanges extérieurs (car la demande intérieure et l'endettement favorisent plus les importations).
        (la dépréciation des monnaies permet alors d'améliorer alors les soldes commerciaux)
      • Les E.U. cumulent les déficits extérieurs depuis 1983 pour devenir le pays le plus endetté (10% de leur PNB). Ils connaissent parallèlement des déficits publics.
        (Déficits extérieurs + déficits publics = "déficits jumeaux")
  2. UN CHOMAGE ELEVE DANS LES PAYS EUROPEENS
    1. Modèle de croissance et chômage.
      1. Le modèle japonais.
        • Croissance élevée avec création d'emplois, malgré gains de productivité.
        • flexibilité des salaires vis à vis de l'activité.
        • les femmes se retirent du marché du travail en cas de crise conjoncturelle.
        • les salariés gardent leur emploi à vie, lorsqu'ils acceptent une mobilité interne dans des entreprises qui sont à la fois donneur d'ordres et sous-traitantes.
        • les importations sont limitées alors que les exportations dynamisent encore davantage la croissance et l'emploi.
        • la protection sociale est limitée.
      2. Le modèle libéral (E.U., Canada, R.U.)
        • une croissance obtenue avec de faibles gains de productivité, favorisant les emplois mal rémunérés.
        • les salariés sont mobiles avec des salaires flexibles avec un minimum très bas, et sans pratiquement de procédures de licenciement.
        • les créations d'emplois, même précaires, éliminent le chômage de longue durée.
        • la mobilité et une faible protection sociale favorisent la création d'emplois précaires.
      3. Le modèle européen (Allemagne, France...)
        • la croissance obtenue avec des gains de productivité, ne favorise pas la création d'emplois.
        • l'ouverture de l'économie sur l'extérieur exige une compétitivité et des gains de productivité encore supérieurs.
        • rigidité du marché du travail (minimum relativement élevé, procédures de négociation et de licenciement, et mobilité interne et externe (à l'entreprise) limitée.
        • protection sociale élevée.
        • Ce manque de flexibilité fait progresser le chômage de longue durée, la déqualification et l'exclusion.
        • les créations d'emplois sont réservées aux plus qualifiés, tandis que le travail non qualifié est handicapé par son coût trop élevé.
    2. Les spécificités du chômage dans les pays développés.
      1. Le chômage des jeunes.
        • Dans tous les pays industrialisés, sauf l'Allemagne, le taux de chômage des jeunes est supérieur à celui des adultes (En France les 15-24 ans = 25%)
        • difficulté d'insertion dans la vie professionnelle des jeunes ( atténué en Allemagne par son système de formation en alternance.)
      2. Le chômage de longue durée.
        • en forte croissance : en France, plus d'un chômeur sur 3 est sans emploi depuis plus d'un an.
        • ce type de chômage est peu sensible à la croissance et il touche des jeunes, femmes, personnes proches de la retraite, d'autant plus que la qualification est faible.
      3. Le chômage des salariés non qualifiés.
        • La progression du chômage des salariés non qualifiés (de 12,8% en 1991 à 17,8% en 1994)
        • 3 facteurs :
          • remplacement des emplois non qualifié par l'automatisation
          • une tendance à la qualification des postes de travail dans l'industrie.
          • la concurrence avec les pays du Sud, aboutit à une spécialisation dans les biens de haute technologie.
  3. UNE AGGRAVATION DES INEGALITES SOCIALES
    1. L'accroissement de la pauvreté.
      • Accentuation des inégalités de revenus dans la majorité des pays développés (hausse des salaires les plus élevés et baisse des salaires les plus bas).
      • Aux E.U. comme dans l'U.E., 15% de la population vit en deça du seuil de pauvreté, alors que le revenu moyen a été multiplié par 3,5 depuis 1960.
      • Dans l'ensemble des pays développés, l'écart se creuse de plus en plus entre ceux qui disposent d'un emploi stable avec un revenu croissant et ceux qui ont un emploi précaire, ou au chômage, voire dans une situation d'exclusion
    2. La crise de l'Etat providence et de la protection sociale.
      • Après la 2° guerre mondiale : l'Etat keynésien favorise la mise en place d'un état providence dans la majorité des pays développés (prestations sociales, gratuité de services publics)
      • Depuis 1970-1980, l'Etat providence est en crise.
      1. Des prélèvements obligatoires trop élevés.
        • La part des prélèvements obligatoires a progressé jusqu'au milieu des années 1980 où elle semble atteindre sa limite financière.
          • E.U : 29,4% (du PIB)
          • Suède : 49,5%
          • France : 44%
        • Le mécanisme de financement de l'etat providence s'est enrayé avec la crise économique, aggravé par une augmentation des dépenses vis à vis de phénomènes démographiques et sociaux.
      2. Des insuffisances de la protection sociale.
        • la politique de réduction de dépenses en matière de protection sociale et de services publics accentuent les inégalités.
        • les systèmes actuels de protection sociale présentent des insuffisances :
          • Aux E.U., l'assurance maladie non obligatoire génère un nombre important d'exlus (13,5% de la population soit 35 millions d'individus= jeunes, chômeurs, salariés à temps partiel)
          • En France, le système du "ticket modérateur" qui réduit le remboursement de certaines prestations (dentisterie, optique...) pénalisent les plus pauvres d'autant plus qu'il n'adhèrent pas à une mutuelle.
          • Les tarifs libres pratiqués par certains médecins aboutissent à une "médecine à 2 vitesses".
      3. Les effets redistributifs sont controversés.
        • D'une part, ils agissent sur la réduction des inégalités (impôt progressif sur le revenu, prestations versées en fonction des ressources...)
        • d'autre part, des systèmes d'impôt comme la TVA, ou la mise à disposition de services collectifs, sans limitation de ressources, bénéficient plus aux groupes sociaux les plus favorisés.
      4. Une efficacité limitée de l'Etat providence et du système de protection sociale.
        • l'intervention de l'Etat nuit au libre fonctionnement des mécanismes du marché, et provoquent des rigidités (les allocations chômage n'incitent pas les chômeurs à rechercher rapidement un emploi)
        • le poids des prélèvements obligatoires réduit les incitations à épargner, investir ou même travailler.
        • Les mécanismes du marché de la santé ne peuvent concevoir une régulation par les prix :
          • les mécanismes d'assurance qui prennent en charge les risques, entraînent une "déresponsabilisation" des individus et font disparaître une certaine vigilance.
          • Des soins de plus en plus sophistiqués aboutissent à des dérapages des dépenses, sans frein de la demande par les prix, avec ce système de remboursement.
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